un point de vue alternatif sur la Grèce

Yorgos Lanthimos ou le renouveau du cinéma grec

Article publié le 26 février 2016 par Lucas
source: http://www.popfixion.fr/articles/article-263-Cinema-Yorgos-Lanthimos-ou-le-renouveau-du-cinema-grec


Lanthimos, ça vous dit quelque chose ? Le gars qui a pondu Canine commence à se faire connaître, et c'est pas plus mal.
Yorgos de son prénom, ce réalisateur doit sûrement vous parler. Après avoir été remarqué pour le film Canine (Kinodontas en grec, c'est l'occase d'apprendre un mot), primé au festival Un certain regard à Cannes en 2009 et nommé aux Oscars dans la catégorie Meilleurs film étranger, le grand public a pu le découvrir avec son dernier film The Lobster, prix du jury lors de l'édition 2015 du festival de Cannes.
Faisons un rapide retour sur l'homme derrière l'œuvre. Il fait ses études de cinéma à Athènes à l'école de cinéma Stavrakos, avant de réaliser de nombreuses publicités pour la télévision grecque – vivre du cinéma en Grèce est quasi impossible. Pendant ce temps, il épanche son besoin créatif en s'attaquant en parallèle à la réalisation de pièces de théâtre expérimentales, avant de se lancer dans le cinéma pour la première fois en 2007 avec Kinetta, son premier long métrage.
Retour à son cinéma maintenant. Qu'il ait été sélectionné hors compétition à Cannes pour sa première œuvre qui soit véritablement sortie des frontières helléniques est plutôt révélateur. Des films aux couleurs froides, des thématiques aussi gaies que l'inceste ou le deuil, le tout porté par des acteurs à l'air blafard : vu comme ça, c'est sûr que ça va pas brancher la ménagère TF1. Malheur à elle, pauvre hère qui préférera se borner à regarder une énième saison de Secret Story plutôt que d'ouvrir un peu ses yeux afin de découvrir une œuvre poignante, dure, originale et enrichissante. Mais bref, je m'égare.
Ses films sont donc un brin exigeant, on en était là. Peut-être bien. Le prix Un certain regard s'intéresse en effet aux films dits difficiles, et permet surtout à des réalisateurs encore méconnus d'accéder à la notoriété. D'ailleurs, pour l'anecdote, c'est le réalisateur italien Paolo Sorrentino – La Grande BellezzaYouth (Zapan en parle ici, allez voir c'est super) – qui était le président du jury l'année où Lanthimos a remporté le sésame.


Des débuts brouillons

2007, Kinetta. Après avoir réussi à mettre suffisamment d'argent de côté grâce à ses publicités, Lanthimos se lance dans son premier projet de long-métrage. Certainement très désireux de réaliser une œuvre tout aussi perchée que ses pièces de théâtre, le jeune trublion (si si, ce mot peut encore être utilisé) nous livre un premier film, au final, assez peu abouti.
Attention, c'est pas raté non plus, la vision portée sur cette ville balnéaire grecque désertée par les locaux est assez intéressante tout de même. Espèce de parabole de la société grecque, la situation est la suivante : après l'installation d'une raffinerie de pétrole, la ville qui était touristique se voit vidée de ses touristes, puis de ses habitants. Le décor est planté, grosse ambiance en perspective. Les personnages, désœuvrés, en viennent à se battre contre eux même, ou contre d'autres, comme pour extirper ce mal-être latent de leur corps. Mais bon, au final, même si ce n'est pas raté, qu'on se le dise, ce n'est pas non plus folichon.
Hipster au possible, impossible à trouver dans une version potable (la seule que j'ai pu dénicher sans payer les 40 euros du DVD est une version grecque sous-titrée anglais sur Youtube) et budget minimaliste : tout pue le cinéma de genre, et il s'en dégage du coup, à mon sens, une impression de « trop ». Trop bizarre, trop fouillis, trop sombre, trop lent. Atmosphère viscérale, cadres froids, peu de nature... Tout est fait pour nous mettre mal à l'aise. Cependant, Kinetta a ça de bien qu'il prépare le terrain pour l'œuvre la plus intéressante et aboutie de Lanthimos, Canine.

L'aboutissement d'un travail

On attaque ici le gros morceau. Je ne vais pas m'attarder sur les caractéristiques techniques du film, d'autant qu'il a déjà été brièvement présenté ci-dessus, et on va plutôt s'attarder sur les thématiques que le film aborde. Langage, sexualité, famille : les thématiques chères à Lanthimos sont toutes présentes. Le pitch de ce film sorti en 2009 ? Une famille grecque vit recluse de la société dans sa maison en bordure d'Athènes. Le père – qui est le seul personnage à sortir de la maison, la mère et leurs trois enfants (deux filles et un fils d'âges différents mais indéterminés, qu'on situera entre 20 et 25 ans). Les enfants ne sont jamais allés au dehors de cet havre de paix factice, et n'ont de ce fait aucune expérience du monde extérieur, que leur père leur décrit comme étant une espèce de jungle mortelle de laquelle on ne peut ressortir vivant qu'avec une bonne préparation.
C'est comme ça que le père justifie ses allers et retours quotidiens au travail : on ne peut sortir de la maison en toute sécurité qu'à bord d'une voiture, et l'apprentissage de la conduite n'est possible qu'au jour où l'une de ses canines est tombée. On n'a de toute manière pas particulièrement l'impression que les parents élèvent leurs enfants plus qu'ils ne les dressent, leur rapport aux chats (je vous laisse le découvrir) étant notamment des plus parlant.
Le film s'ouvre sur un plan fixe avec un lecteur audio qui diffuse des leçons de langue. « La mer. C'est le fauteuil en cuir munis d'accoudoirs en bois que l'on retrouve dans les salons et dans les bars des hôtels ». On apprendra aussi, par exemple, qu'un zombie est en fait une petite fleur jaune. On retrouve en fait ici l'une des thématiques les plus répandues dans le travail de Lanthimos : la déconstruction du langage. Les personnages apprennent des mots dont les sens sont souvent très différents de la vérité, sûrement pour accroître leur confusion, et, au passage, celle du spectateur.
Tout est question de fausseté : que les personnages jouent la comédie (comme c'est le cas dans Kinetta ou Alps) ou qu'ils apprennent des mensonges, ils sont toujours en décalage avec le reste du monde, et c'est on ne peut plus vrai ici. C'est pour ça que Canine est à mon sens l'œuvre la plus intéressante qu'il ait réalisé à ce jour.

Rocky sauve des vies

Les relations que les personnages entretiennent entre eux sont, quant à elles, toujours biaisées par des rapports de force – les enfants par rapport à leurs parents, ou commerciaux. Chaque faveur ou cadeau sera obtenue par l'échange d'un autre. C'est d'ailleurs dans ces échanges que l'on retrouvera l'une des formes de sexualité traitée dans le film : Christina, qui est la seule personne à rentrer dans la maison sans faire partie de la famille, est une des subordonnées du père dans sa boite, et a pour unique mission de soulager le fils de ses instincts primaires.
Au final, la baise ne doit pas être si flamboyante que ça puisque cette dernière viendra troquer des bijoux ou divers objets contre des faveurs sexuelles auprès des sœurs, objets qui signeront d'ailleurs la fin de la quiétude si chère au père. Christina, sorte d'élément perturbateur, en offrant des cassettes de films à l'aînée, pourtant tous très connus (Les dents de la merRockyRambo), permettra alors pour la première fois à cette dernière de s'ouvrir à une culture qui lui était jusqu'ici totalement inconnue.
Sans analyser en profondeur le film, que je préfère vous laisser découvrir sans trop vous en dire, sa réalisation vient mettre en exergue les thématiques abordées de part sa maîtrise et sa simplicité. Tout est épuré : cadres travaillés, murs blancs et froids au possible, personnages sans nom qui les caractérise – on fait référence à eux par leur qualité dans la famille ou leur âge... Le film est une succession de plans fixes qui incarnent l'immobilisme des personnages et des situations.
Parce que oui, les enfants du couple n'en sont en fait plus, il s'agit de jeunes adultes privés de repères ; la période de questionnement et d'introspection intrinsèque à l'adolescence est passée, et ils prennent donc tout ce qu'on leur dit pour acquis – et on ne leur a d'ailleurs pas donné les clefs pour permettre une quelconque remise en question. Seuls deux plans séquences ponctuent le film, suivant l'action à la manière d'un documentaire et symbolisant à chaque fois un changement important, jusqu'au climax final.

Premier essoufflement et melting pot des genres

Après Canine, Lanthimos démarre presque tout de suite (2011) sur une nouvelle production : Alps. Une société secrète menée par un leader, Mont Blanc – tous les personnages auront un nom de sommet alpin (d'où le titre), se donne pour rôle d'accompagner des personnes dans leur deuil. L'accompagnement se fait toutefois de manière très particulière puisqu'il va s'agir en réalité d'envoyer des acteurs prendre la place du défunt, afin que les familles puissent supporter la douleur engendrée par la perte d'un être cher. Sur sa lancée, ils reprend la forme de Canine (plans fixes, atmosphère froide et blanche, personnages aux noms indéterminés), pour cette fois-ci encore parler de famille, mais avec ce coup-ci le deuil au centre du sujet. Oui oui, le mec doit être un grand rigolo dans sa vie je pense.
Pour la petite histoire, quand j'ai vu Alps pour la première fois je pensais qu'il était antérieur à Canine et j'avais trouvé qu'il s'agissait d'un joli second essai de long métrage. Sauf qu'il est sorti deux ans plus tard, et là ça fait mal. Le film souffre de longueurs et la narration est à mon sens moins bien maîtrisée. C'est dans ce film qu'apparaissent les premières références humoristiques dans le travail de Yorgos. Seulement, comparé à The Lobster qui sortira quatre ans plus tard, on a ici une impression d'inachevé : trop sérieux pour être drôle, mais trop loufoque par moment pour que les situations paraissent sérieuses.
On se retrouve alors face à un film moyen par rapport à son prédécesseur, avec un statut un peu bâtard : une sorte deCanine 2 diront certains critiques après la séance de la Mostra de Venise, alors même que le réalisateur les décrit comme étant deux films opposés – l'un étant l'histoire d'un personnage qui veut s'échapper d'un monde fictif (Canine), et l'autre celle d'un personnage qui souhaite rentrer dans une société fabriquée de toute pièce. L'accueil du film sera d'ailleurs plutôt mitigé dans l'ensemble.
Après ce film, qui m'avait du coup vraiment laissé sur ma faim, sort The Lobster. Ce film c'est un peu la tentativehollywoodienne de Lanthimos après un cinéma qui avait été conçu pour un public déjà féru de 7ème art. On s'en rend compte tout de suite, le casting n'a rien à voir. Si on retrouve quelques têtes connues telles que son épouse Ariane Labed ouAngeliki Papoulia (les sœurs dans Canine), on voit pour la première fois des grosses pointures du cinéma : Colin Farrell en premier lieu et Léa Seydoux par exemple (facile d'être sur tous les bons coups quand c'est papa qui produit, hein ?). Prix du jury à Cannes en 2015, on sent que ce dernier film s'adresse à un public plus large.
On pourrait d'ailleurs voir en cette comédie dramatico-fantastique une sorte d'aboutissement d'Alps, où le mélange des genres commençait à se faire sentir. Sauf que, cette fois-ci, c'est bien mieux maîtrisé. Le spectateur arrive enfin à reconnaître l'humour là où il est présent. Dans ce monde de fiction, les célibataires se voient enfermés dans un hôtel pendant 45 jours afin d'y trouver l'amour. L'échec n'est pas permis et s'ils ne se dégottent pas leur âme sœur, ces derniers se voient transformés en l'animal de leur choix – ce sera le homard, donc, pour Colin Farrell. Ce film démarre à partir de la question suivante : comment les gens perçoivent-ils la solitude ? Dans ce monde où le célibat devient un crime, l'humour très présent reste porté par la narration très froide – une amie me disait « déshumanisée » - du réalisateur, donnant à cette œuvre une atmosphère très particulière.

Un début de carrière très prometteur

Au final, cet article n'a aucune prétention analytique. Il s'agit juste d'essayer de faire découvrir un cinéma que je trouve des plus intéressants à des personnes qui sont susceptibles de s'y intéresser. Non, ça n'est pas parfait et sur quatre films, je dirais que seulement deux valent réellement le détour (je vous laisse deviner lesquels).
Seulement, ce n'est qu'un début de carrière et je pense qu'on entendra à nouveau parler de Lanthimos tôt ou tard. Après avoir connu la galère des petits budgets dans un pays qui n'aide que très peu ses cinéastes – c'est par exemple la réalisatrice Athiná-Rachél Tsangári (Attenberg, 2010) qui a produit en majeur partie le travail de Lanthimos – ce dernier, grâce à la reconnaissance du public et de ses pairs, part à la conquête de Cannes et du public avec une œuvre à gros budget.
Mais même là, avec des acteurs d'envergure internationale et un genre très différent de ses débuts, on retrouve la patte Lanthimos, et c'est à mon sens ce qui différencie les vrais réalisateurs de ceux que j'appellerai simplement des exécutants –comme Rob Cohen par exemple (Coeur de dragon, Fast and Furious, xXx...).
Lanthimos a en effet ce talent pour poser des situations, les présenter à la limite de la dissection, mais sans jamais donner les clefs de compréhension. Il présente sans juger, afin que ce soit au spectateur d'analyser ses œuvres comme bon lui semble. À suivre donc.
Pour conclure, j'espère simplement que vous vous intéresserez à ces films. Plus qu'à ces films, je dirai même au cinéma indépendant en général. Alors à toi, jeune lecteur que j'ai su captiver jusqu'à la fin de mon article, voilà ce que j'ai à dire. Ce genre de cinéma a tellement à offrir, tellement à montrer : prend la peine de regarder ce qui se fait. En Grèce, en France, en Italie – la majeure partie des pays européens ont leur scène indépendante qui ne demande qu'à se faire connaître. Alors, pour une fois, plutôt que de regarder un énième épisode de How I Met Your Mother (tu l'as déjà vu en plus, j'en suis sûr), prends le temps et regarde tout ce que le cinéma a à offrir. Tu ne seras pas déçu, promis.

Sophie Deraspe amènera Antigone au cinéma québécois

source: http://quebec.huffingtonpost.ca/2016/02/19/sophie-deraspe-antigone-cinema-quebecois-entrevue_n_9276300.html



La réalisatrice Sophie Deraspe planche présentement sur un long-métrage qui adaptera dans notre société contemporaine le mythe grec Antigone, de Sophocle. Le projet est présentement en cours de financement, et Deraspe compte y vouer tous ses efforts en 2016.
«Pour moi, Antigone, c’est une lecture de jeunesse, d’abord, qui m’a énormément touchée, explique la cinéaste. Même si c’a été écrit en 442 avant Jésus-Christ, plusieurs grands auteurs l’ont ensuite reprise pour en faire des adaptations à leur époque, avec des échos dans leur monde. Donc, moi, je fais quelque chose qui a des résonnances dans notre monde actuel.»
«Cette Antigone a son absolu à elle, sa façon de défier les lois écrites, les lois des hommes, pour respecter sa loi interne, enchaîne Sophie Deraspe. Moi, c’est quelque chose qui m’a foudroyée, qui m’a parlé, et j’ai eu envie d’actualiser cette histoire, de la faire vivre ici, et maintenant.»
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Sophie Deraspe a précisé ne pas pouvoir s’avancer quant à l’identité des acteurs qui pourraient jouer dans sa nouvelle œuvre.
Dans la mythologie grecque, la rebelle Antigone, née de l’amour incestueux d’Œdipe, roi de Thèbes, et de la reine Jocaste, fut condamnée pour avoir tenu tête au roi Créon, son oncle, en voulant sauver l’honneur de sa famille et en enterrant à mains nues son frère, Polynice, considéré comme un traitre, et dont le corps mort devait être laissé à l’abandon, sous les ordres de Créon. En faisant triompher la loi des dieux, la jeune femme s’attirait les foudres de la royauté, mais cette dernière expia de son entêtement.
Nommée aux PCCQ
Par ailleurs, les derniers films de Sophie Deraspe, Les loups et Le profil Amina, continuent de faire leur chemin, au Québec et ailleurs dans le monde. Les loups, qui avait ouvert les Rendez-Vous du cinéma québécois (RVCQ) l’an dernier, a gagné, en novembre, le prix de la Fédération internationale de la presse cinématographique (FIPRESCI) au 33e Festival international du film de Turin, en Italie. Une première pour la créatrice, qui se dit fort heureuse de cet honneur.
Quant au troublant Le profil Amina, il est en lice pour le cinquième Prix collégial du cinéma québécois (PCCQ), auprès de quatre autres finalistes, soit Chorus, de François Delisle, Corbo, de Mathieu Denis, Félix et Meira, de Maxime Giroux et Guibord s’en va-t-en guerre, de Philippe Falardeau. Cette distinction est remise par des cégépiens de partout au Québec, et le réalisateur gagnant reçoit une bourse de 3000$. Les délibérations finales ont lieu à Québec, à la mi-mars, à la veille du Gala des Jutra (dont le nom sera changé sous peu). Apprenez-en plus sur le PCCQ ici.
Récit de l’histoire d’amour entre deux femmes, une Canadienne et une Syrienne américaine, et d’une tromperie sur internet sur fond de révolution arabe, Le profil Amina possède une trame susceptible d’intéresser vivement le jeune public. Sophie Deraspe acquiesce lorsqu’on lui en fait la remarque.
«Les échanges virtuels font partie de la réalité d’énormément de gens, maintenant, dans notre monde, et c’est une dimension qui n’avait pas encore été abordée au cinéma, hasarde-t-elle. Parce qu’elle est difficile à traiter. On ne peut pas seulement filmer des gens derrière leur ordinateur ; c’est anti-cinématographique! Mais je pense que j’ai trouvé une façon de raconter cette histoire, en utilisant le fantasme que ça suscite. Le fantasme d’une relation amoureuse, le fantasme d’une révolution, de la façon de se projeter pour participer à l’histoire d’un pays, avec toutes les dérives que ça peut impliquer…»
Sophie Deraspe est nommée pour la première fois cette année aux PCCQ, un éloge qui lui fait chaud au cœur.
«L’an dernier, j’avais assisté à une table ronde, où Philippe Falardeau et moi étions invités. On était là pour discuter de cinéma avec les jeunes. J’avais constaté à quel point le débat était animé! Tous se positionnaient, en tant qu’être humains, et non seulement en tant que collégiens, sur des idées, des prises de parole. Je m’étais dit que Le profil Amina s’insérerait bien dans ce contexte. Je suis très heureuse que le film ait été sélectionné.»
Une causerie avec les finalistes du PCCQ, dont Sophie Deraspe, a lieu ce vendredi, 19 février, à 17h, à la Cinémathèque québécoise, dans le cadre des Rendez-Vous du cinéma québécois. Le film Les loups sera projeté au Cinéplex Odéon Quartier latin le vendredi 26 février, à 18h, en présence de Sophie Deraspe. On peut aussi louer Le profil Amina sur le web. Pour plus d’informations, consultez le site web officiel des RVCQ.

Le voyage des comédiens

Le voyage des comédiens
Theo Angelopoulos – 1975, Grèce, 3h20, VOstFR


1952. A Aigion, une petite ville grecque, à la veille des élections générales, une troupe de comédiens descend du train. Cette troupe itinérante traverse la Grèce pour jouer une pièce du répertoire populaire : Golfo la bergère, pièce en fustanelle de la fin du XIXe siècle.  Le soir même, la police interrompt la représentation pour arrêter l’un d’entre eux, mais ce n’est qu’un artifice pour raconter la défaite des Grecs face aux Turcs en 1922…
En parallèle, la vie des acteurs prend la tournure de celle des Atrides.

:: À propos du film
Tourné pendant les derniers mois de la dictature des colonels, le film trompa complètement le régime et reçut même le soutien plein et entier des forces de police et de l’armée : les autorités étaient persuadées d’avoir affaire à l’adaptation d’une tragédie antique. Cependant, le gouvernement conservateur après la chute des colonels ne le proposa pas en compétition officielle à Cannes, le considérant trop gauchiste. En avril 1985, l’Union panhellénique des critiques de cinéma, la PEKK, le désigna quatrième meilleur film grec de l’histoire.

Le Voyage des comédiens est à la fois une des œuvres marquantes du cinéma des années 1970, le film qui a définitivement établi Theo Angelopoulos comme l’un des grands réalisateurs de son temps, et une fresque épique exemplaire, aboutissement des recherches esthétiques jointes à une interrogation politique qui ont caractérisé toute une tendance du cinéma contemporain éprise de modernité.
Theo Angelopoulos n’a pas caché ses admirations de cinéphile – Michelangelo AntonioniMiklos JancsóNagisa Oshima – et son style – mise en scène frontale, utilisation systématique du plan-séquence, espace off – en témoigne. Mais l’œuvre n’en est pas moins unique dans sa volonté totalisante qui mêle le passé et le présent, l’imaginaire et le réel, le fantasme et le politique. La caméra glisse d’un registre à un autre, réalise sans solution de continuité l’unité entre diverses périodes. La mise en scène relève de l’ordre du rituel et se veut questionnement de l’impression de réalité et interrogation sur la notion même de spectacle. Chez Theo Angelopoulos, en effet, tout est représentation, même les actes sexuels – strip-tease d’un phalangiste face à Électre, masturbation d’un collaborateur, viol d’une femme qui relient la psychanalyse au politique. Les défilés militaires comme les manifestations participent de cet ordre du théâtral et il n’est pas jusqu’à une scène collective sur une plage qui ne relève du spectacle, en l’occurrence la comédie musicale dont Theo Angelopoulos est un grand amateur.
Mais, dans un même mouvement, son film est profondément concret. Grâce au travail exceptionnel de son chef-opérateur, Ghiorgos Arvanitis, il nous fait sentir le passage des saisons, jouant sur une gamme de tons sourds – de l’ocre au gris – pour mieux chanter la présence des pierres et des murs, des ciels lourds et des chemins rocailleux. Film complexe, Le voyage des comédiens établit un équilibre rare entre le formalisme et la réalité, entre le foisonnement de ses signes et la rigueur de son architecture.

source:
https://videodrome2.wordpress.com/2016/01/28/le-nouveau-cinema-grec-jeudi-11-fevrier-a-20h/

À Thessalonique, le dynamisme du cinéma grec

source: 

Une vue de l'Olympion, le cinéma où se déroule le Festinal international du film de Thessalonique.
Une vue de l'Olympion, le cinéma où se déroule le Festinal international du film de Thessalonique.
RFI / Amélie Poinssot
Par Amélie Poinssot


Pour sa 54e édition, le Festival international de cinéma de Thessalonique (la deuxième agglomération grecque) affiche une programmation éclectique en provenance des quatre coins du monde. Parmi les projections quotidiennes, les productions grecques, portées par une nouvelle génération de réalisateurs, font salle comble. 



Huit nouveaux films, dont deux sélectionnés dans la compétition officielle : les longs-métrages grecs occupent une place de choix cette année au festival de Thessalonique. Preuve que le 7e art se porte plutôt bien en Grèce, malgré la crise économique et les cures d'austérité qui ont étranglé depuis 2010 le financement de la création cinématographique.

Les principales sources de liquidités provenaient du Centre du cinéma grec, qui pendant trois ans n'a pratiquement rien versé, et de l'audiovisuel public ERT, qui a brutalement fermé en juin dernier. Cet assèchement aurait pu étouffer la production. Au contraire. Près de deux ans après la mort de l'une des grandes figures du cinéma grec, Theo Angelopoulos, les metteurs en scène fourmillent d'idées et de projets.


C'est le cas d'Elina Psykou, jeune talent déjà repéré par les critiques. Son premier long-métrage,L'éternel retour d'Antonis Paraskévas, fait partie de la sélection officielle. Elle l'a réalisé quasiment sans budget, avec une équipe bénévole. «Je ne pouvais attendre un hypothétique financement, explique-t-elle. Cela m'aurait fait perdre du temps, et pour pas grand-chose, puisque n'étant pas connue, j'avais peu de chance de décrocher un budget. J'ai décidé de foncer, c'était une nécessité pour moi de faire ce film.»

C'est l'histoire d'un présentateur vedette de télévision qui met en scène sa propre disparition. Tourné dans une veine réaliste qui ne manque pas d'humour, le film propose une vision très critique du monde des médias grecs, et plus généralement, des excès du début des années 2000. Le gigantesque hôtel désert dans lequel se déroule l'action est à l'image du personnage principal : en déclin, dans le souvenir d'un faste perdu.

À 36 ans, la jeune femme, après avoir travaillé pendant des années comme assistante sur des tournages, s'est lancée dans la mise en scène alors que son pays s'enfonce dans la récession et que les conditions de réalisation sont plus difficiles que jamais. Une folie ? «C'est moi qui serais tombée en dépression si je n'avais pas fait ce film», se justifie-t-elle. Pas de quoi regretter pour l'instant : la réalisatrice a déjà remporté à Berlin une bourse de résidence d'artistes qui lui permet de travailler actuellement à son deuxième long-métrage.

Stade critique de la vie

Comme L'éternel retour d'Antonis Paraskévas, les films grecs présentés à Thessalonique s'attaquent au monde de l'apparence et montrent des personnages en rupture, parvenus à un stade critique de leur vie, à un point de non-retour. L'autre long-métrage retenu dans la sélection officielle, Canard sauvage, présente ainsi un homme pris dans un dilemme : doit-il accepter un sale boulot afin de régler ses dettes ou doit-il au contraire révéler ce qu'il a découvert, à savoir une antenne de téléphonie cachée dans un appartement, à l'origine du cancer d'une voisine ?

Yannis Sakaridis, le réalisateur, estime que la crise actuelle nous pousse à nous positionner. «C'est quand on commence à perdre ce que l'on a que l'on s'interroge sur le sens de sa vie.» Une analyse que ne renierait pas Konstantinos Koutsoliotas, qui dans L'hiver, met en scène un jeune Grec abandonnant une vie de dandy londonien pour revenir dans le village de ses origines, sur les traces d'un père décédé mystérieusement.



Festival international du film de Thessalonique, du 1er au 10 novembre 2013

http://www.filmfestival.gr

« Un moyen de résister »



La crise grecque a-t-elle fait apparaître une nouvelle génération de cinéastes ? De fait, la crise a suscité un intérêt mondial pour ce petit pays de 11 millions d'habitants. «Le cinéma est un moyen de comprendre ce qui se passe dans un pays. Nous bénéficions de cet intérêt actuellement,» estime Yannis Sakaridis, pour qui tourner est «un moyen de résister à la dégringolade sociale qui nous est imposée.»

Lui, a tourné son film avec la somme dérisoire de 32 000 euros. Résultat : les films grecs voyagent, et le cinéma hellène n'a jamais été autant diffusé à l'étranger. Yannis Sakaridis vient d'enchaîner des festivals à Toronto, San Paolo, Londres... Et dans dix jours, il sera en Inde.

« Nouvelle Vague grecque ».

Le film Miss Violence d'Alexandros Avranas a quant à lui obtenu deux prix à Venise en septembre, dont le Lion d'Argent. Film d'une rare violence sur une histoire d'inceste et de proxénétisme, sans une once d'optimisme ni échappatoire, à l'image de son plan final - une porte que l'on ferme à clef -, il divise le public.

Tourné dans le huis clos d'une famille, il rappelle à bien des égards Canine, sorti il y a quatre ans, l'un des premiers films remarqués à l'étranger de ce que l'on appelle désormais la «Nouvelle Vague grecque».

Certains ont tendance à y voir un cinéma «bizarre», qui s'attache à une institution familiale pétrifiée ou au contraire renversant les codes (comme Strella, sorti également en 2009). Cette 54e édition du festival de Thessalonique montre que le cinéma grec contemporain est bien plus que cela : c'est un cinéma à la fois social, réaliste, fantasque, existentiel et onirique.

Et surtout, c'est un cinéma dynamique, porté par de nouveaux regards.


source: http://www.rfi.fr/europe/20131108-cinema-grece-festival-thessalonique-avranas-psykou-nouvelle-vague

Naoussa

CARNET MACEDONIEN
Naoussa est une petite ville de 25.000 habitants perchée sur un rocher accroché à la pente au dessus des vignobles et des vergers. Construite au dessus de l’antique Mieza, le village de Naoussa ne fut occupé que tardivement pendant l’empire Ottoman par des communautés d’artisans grecs. En 1822, dans les guerres de Libération grecque, la population fut massacrée et des femmes et des enfants préférèrent le suicide. Une statue commémore le Sacrifice « Aire du Sacrifice »sur le bord de la rivière.

Vers la fin du 19ème siècle, des industries textiles s’installèrent profitant de l’énergie hydraulique des ruisseaux descendant de la montagne. Il reste encore quelques souvenirs de cette industrie prospère. Les couvertures sont encore en vente sur le bord de la route. Elles sont horribles, criardes aux motifs enfantins de Spiderman ou de BD ou même pire. Les vergers et la vigne ont également attiré des industries agroalimentaires. Un moulin à eau au centre de la ville témoigne de l’importance de la force de l’eau. Aujourd’hui, toutes ces activités paraissent en sommeil. Naoussa s’est convertie au tourisme. le Mont Vermio culmine au dessus de 2000m. Les pistes de ski vont de 1500m à 2000m. L’enneigement est garanti par des canons à neige. L’été, les Grecs viennent chercher la fraîcheur dans les hôtels situés dans les hauteurs.

L’hôtel Dryades a été conçu avec un réel effort de décoration ; L’extérieur est d’aspect agréable, les murs bruns sont agréablement entrecoupés de balcons en ferronnerie aux motifs originaux. Les piliers de roche poreuse rythment les balcons. Des châtaigniers, chênes, platanes font une muraille impénétrable. On se croirait en pleine forêt. La réalité est autre, il y a des constructions cachées.
La décoration intérieure est originale. Les murs gris rose sont interrompus par de larges bandes de papier peint orange et gris dans notre chambre, jaune acide et violet dans les couloirs. La marque de fabrique, l’originalité des Dryades est le mariage des tissus à fleur et des rayures. Le rideau gauche porte des rayures jaune brun orange horizontales tandis que le droit est à fleur. Dans le salon, les fauteuils sont tapissés selon le même principe. Un peintre a fait une série de tableaux originaux sur le thème des Dryades ; dryades modernes en jeans collants, serrés ventre à l’air sur un fond forestier. Ils ne sont pas inintéressants mais pas tellement à mon goût.

L’orage a repris vers 3heures du matin. Au réveil, le ciel est gris et la température a baissé de 10°. Nous faisons un détour par le centre de Naoussa que nous avons négligé. Un moulin à aube décore le rondpoint symbolisant la force de l’eau qui a donné sa richesse à Naoussa.

Nous nous arrêtons sur le pont qui enjambe l’Arapitsa pour visiter le site du Sacrifice. Une sculpture représente une femme debout, serrée contre ses jupes une petite fille. Le 22 avril 1822, les femmes ont préféré se jeter dans le précipice plutôt que de se rendre aux Turcs. De la place de la Statue, je découvre un canyon où jaillissent trois cascades bondissantes. Un sentier se glisse sous le pont routier, une nouvelle cascade dévale la pente dans une jungle touffue. Comme je filme, une dame m’adresse un chaleureux kalimera.

KHAOS, le film


Grèce 2012.
Khaos, les Visages Humains de la Crise Grecque aborde – à partir de nombreux témoignages et portraits – sans fards, la vie quotidienne du peuple grec, avec Panagiotis Grigoriou – historien et blogueur de guerre économique – pour fil conducteur.

C’est un road-movie au rythme du jazz et du rap qui nous mène de Trikala à l’île de Kea, en passant par Athènes, à la rencontre du citoyen grec, du marin pêcheur au tagueur politique.




Synopsis et détails

Fil conducteur de ce documentaire, Panagiotis Grigoriou, historien, anthropologue et blogueur de guerre économique, nous accompagne et partage sa perception des événements et de la situation.
Dimitris pense peut-être à partir si un jour il y est forcé alors que Demosthène discute sur la politique française. Marcy, elle, a organisé un mode de fonctionnement de crise alors que les agriculteurs ne savent pas encore s’ils pourront continuer à semer. Katherina a vu son salaire se réduire de moitié et Giorgos a vu éclater les acquis sociaux tués par le mémorandum.
A travers ces visages, vous allez découvrir une Grèce loin des clichés véhiculés, loin de l’image qu’on s’en imagine.
Du marin pêcheur au tagueur politique, au rythme du jazz et du rap, sur les routes de Trikala en passant par Athènes et l’île de Kea, c’est un voyage à travers l'âme d’un pays qui vous emmène dans une réflexion sur la situation critique de la crise actuelle.

source: http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=211246.html


La LDH soutient le film documentaire « Khaos, les visages humains de la crise grecque », de Ana Dumitrescu
Auteur de l'article : LDH
Sortie le 10 octobre
La plupart des films documentaires sur les questions sociales, le chômage, la précarité, adoptent un ton et un type d’images conformes à la noirceur de leur sujet. Khaos est un film profondément original, en ce qu’il montre la profondeur et les dangers de la crise grecque au moyen d’images, de couleurs, de musiques toujours vivantes, souvent joyeuses, mettant ainsi l’humain – le cinéma, l’art, la vie – au-dessus du malheur vécu et dénoncé.

La réalisatrice n’a pas voulu de scénario préalable. Elle a procédé par immersion, voyageant dans la Grèce d’Athènes, de la province et des îles, en compagnie d’un blogueur et ethnologue francophone, Panagiotis Grigoriou. Elle a multiplié les rencontres et les interviews dans tous les milieux sociaux et dans tous les métiers : assez pour penser donner véritablement la parole au peuple grec. De quoi parlent les gens ? De la dégradation de l’économie depuis 2009, entreprises et magasins qui ferment les uns après les autres, chute du tourisme et de l’immobilier, agriculture intenable ; de l’effondrement de l’emploi et des droits sociaux ; de l’absence d’espoir et de la menace d’une gravissime explosion sociale ; de l’incurie des politiques et des responsabilités de l’Europe et surtout de l’Allemagne, détestée. Des départs des jeunes diplômés pour l’étranger, de l’effondrement des classes moyennes, des enfants mal nourris, du doublement du taux de suicides, des 3 000 SDF d’Athènes et des soupes populaires. De la révolte des jeunes et des Indignés et de la violence de la répression policière. La Grèce est toujours aussi belle, l’Acropole suspendu au-dessus d’Athènes et les poissons noirs dans l’eau turquoise ; mais les devantures des commerces fermés servent d’appuis pour des lits de fortune, les distributeurs de billets sont arrachés, et même les panneaux publicitaires le long des routes sont abandonnés à des lambeaux d’affiches.

Dans cette libre chronique du désastre se tiennent tout de même des discours politiques : ce ne sont pas nos dettes, ce sont les leurs, c’est à eux de payer ; la Grèce est le cobaye d’une nouvelle économie mondiale qui se fondera sur la destruction des droits sociaux et la paupérisation de la main d’œuvre ; ce temps de rupture, de guerre, exclut tout retour en arrière mais n’offre pas de futur, sinon la sortie de l’euro. Colère générale qui aboutit à un slogan dangereux vitupérant la démocratie. Les partis politiques – la chute du Pasok, la percée des néo-nazis d’Aube dorée, l’appel au peuple de Syriza – sont rapidement évoqués à la fin du film. Les solutions ? Une fermière qui parle d’une nouvelle agriculture écologique, une association qui organise des cuisines de solidarité, un graffeur qui appelle le peuple à la colère et la Grèce à la grandeur. Et surtout un ancien résistant et homme politique qui décline des scénarios possibles – mais bien hypothétiques – d’un redressement financier.

On ne saurait reprocher au film de ne s’intéresser qu’à son sujet, la crise que vivent les Grecs. On aimerait, en outre, mieux en comprendre les causes et les mécanismes, en peser les responsabilités financières et politiques, savoir comment on en est arrivé là ; sinon comment trouver les moyens d’en sortir ? Mais ce serait un autre film.

Khaos, les visages humains de la crise grecque
Film documentaire, France, 2012
Durée : 93’
Réalisation et production : Ana Dumitrescu
Distribution : EIRL Ana Dumitrescu
Site : www.khaoslefilm.com



source:http://www.ldh-france.org/La-LDH-soutient-le-film,4433.html

Xinomavro-Naoussa / Amynteo




Les vins Xinomavro-Naoussa/Amynteo satisfont la passion de l’exploration chez le fin connaisseur de vins. Ces vins rouges secs tranquilles et intrigants, qui vieillissent pour au moins deux ans, se distinguent par leur robe rouge qui va du lumineux rouge pâle au rouge profond, l’acidité élevée, les puissants tanins et le nez complexe. Le lieu d’origine et la région de prédilection pour la culture de la variété indigène du Xinomavro est la Grèce Nord-occidentale, dans les appellations monovariétales de Naoussa et d’Amynteo. Avec une multitude de terroirs et de reliefs qui se combinent au caractère du Xinomavro et aux variantes subtiles de la vinification, une large gamme de vins invite à la découverte. Ces vins rouges distingués accompagnent de façon idéale les plats aux saveurs intenses et riches.

Le Xinomavro-Naoussa/Amynteo est le vin des amateurs du vin. Il n΄est ni fruiteux et sucré ni doux et rond. Dans ces formes les plus substantielles, ce n΄est pas un vin pour les néophytes en matière de vin grec, ou de vin tout court. Les vins de garde rougesXinomavro-Naoussa/Amynteo sont sévères et austères, surtout lorsqu΄ils sont jeunes, avec des tannins secs et poussiéreux et une acidité produisant de la salive. Mais celui qui aura la patience d΄attendre et le courage de chercher découvrira sous l΄extérieur dur un cépage des plus singuliers au monde.

Le Xinomavro-Naoussa/Amynteo présente un éventail stupéfiant d΄arômes et de saveurs, suffisamment complexe pour faire mourir d΄envie même les vins les plus séduisants du vieux monde. Il a un goût de provenance spéciale, avec un profil caractéristique né de la combinaison du cépage et du lieu. C΄est un vin de garde par excellence qui accompagne bien les repas, capable de capter l΄attention de toute personne intéressée aux véritables vins de terroir. À son meilleur, le Xinomavro-Naoussa/Amynteo est un vin qui mérite d΄être comparé, disons, aux grands rouges à base de Nebbiolo de Barolo, au Barbaresco et au Valtellina de l΄Italie du nord-ouest, ou aux pinots noirs structurés et savoureux des Côtes de Nuits de Bourgogne. LeXinomavro-Naoussa/Amynteo est un antidote fascinant aux goûts globaux homogénéisés.

En dépit de toutes les études et des connaissances accumulées concernant leXinomavro-Naoussa/Amynteo (une de deux variétés grecques de vin rouge les plus importantes), ces terroirs préférés, la gestion des vignoble et les techniques de vinification, certains producteurs pensent que seul environ 30-40 % du potentiel du cépage a été réalisé. C΄est une bonne nouvelle pour les buveurs : cela veut dire que l΄on peut attendre des vins encore meilleurs du Xinomavro-Naoussa/Amynteo !

Le Xinomavro-Naoussa/Amynteo, un vin rouge singulier du nord, est le cépage rouge le plus important de la Grèce du nord. Il est à noter qu΄il existe quatre appellations en Grèce faisant mention du Xinomavro. L΄AOP Goumenissa, produit au nord de Thessalonique, et l΄AOP Rapsani, cultivé sur les versants est du mont Olympe, exigent des négociants en vin de mélanger le xinomavro avec du Negoska autochtone, et du Krassato et du Stavroto, respectivement. Mais le Xinomavro-Naoussa et le Xinomavro-Amynteo, cultivés dans deux régions vitivinicoles de grande importance de la Macédoine du nord-ouest, Naoussa et Amynteo, donnent les appellations monovariétales AOP Naoussa et AOP Amynteo, dans lesquelles ce vin rouge singulier du nord révèle son caractère profond. Tant Naoussa qu΄Amynteo produisent des vins rouges avec une grande aptitude au vieillissement, s΄agissant selon certains des meilleurs vins de garde de toute la Grèce. Cependant, il existe des différences considérables entre les deux.


Un vin pour les avertis

Rares sont ceux qui pourraient prétendre que le Xinomavro-Naoussa/Amynteo est un vin facile et convivial. Il est idiosyncrasique ; un vin pour les avertis qui dévoile sa complexité à ceux qui explore avec passion la voie moins fréquentée. C΄est vrai que les versions pétillant, rosé et rouge clair sont juteuses, brillantes, vives et agréables à boire et font une belle présentation. Ces vins peuvent s΄associer à une large gamme de mets, allant des poissons riches et gras (thon, saumon, perche de la Méditerranée), surtout grillés, à la charcuterie, aux volailles et tout plat à base de tomate (pâtes à la sauce tomate, tomates farcies). L΄acidité élevée du cépage le rend également apte à accompagner des salades à la vinaigrette. Un vin pour les avertis, le pétillant et les rosés peuvent également très bien être sirotés sur une terrasse sans accompagnement.

Les vins rouges plus pleins du Xinomavro-Naoussa/Amynteo sont un peu plus particuliers, bien qu΄ils comptent certainement parmi les meilleurs vins du monde pour accompagner un repas. Un vin pour les avertis, la structure tannique ferme du Xinomavro-Naoussa/Amynteo, associée à une acidité élevée, exige des protéines et du gras : du bœuf bien persillé, de l΄agneau, de la poitrine de canard ou du confit de canard, ou des fromages durs tels que du Manchego bien vieilli ou du Parmesan, par exemple. L\\\'effet combiné des tannins et des protéines adoucit considérablement le vin et fait ressortir davantage les saveurs de fruits.

Les styles traditionnels tout comme les styles modernes du Xinomavro-Naoussa/Amynteo, avec quelques années de vieillissement en bouteille, sont incroyablement riches en umami. L΄abondance de notes savoureuses complémente de manière idéale les saveurs dégradées des aliments. Pensez à un risotto aux champignons sauvages, à des tomates séchées au soleil et des sauces de tomates ou à des ragoûts de viande de toutes sortes et le Xinomavro-Naoussa/Amynteo est le choix parfait : un vin pour les avertis ! Finalement, « le Xinomavro-Naoussa/Amynteo est parfait avec du poulet ou du bœuf teriyaki », confie un enthousiaste local, qui a manifestement voyagé un peu dans le monde, une association tout à fait logique : pur umami + umami. Dans cette catégorie, on peut inclure des plats sautés avec quelques gouttes de soja, à condition de ne pas être trop épicés. Des plats à éviter seraient ceux particulièrement sucrés (faisant apparaître le vin comme encore plus sec et tannique), ou les poissons tels que les sardines ou le maquereau, dont les huiles peuvent être incompatibles avec les tannins du Xinomavro-Naoussa/Amynteo et créer un goût métallique dans la bouche.


Les vignobles luxuriants et variés de Naoussa

L΄appellation d΄origine protégée Naoussa (AOP Naoussa), reflétant les vignobles luxuriants et variés de Naoussa, a été nommée d΄après la ville du même nom, bien que plusieurs autres communes soient comprises dans l΄appellation. Les vins d΄AOP Naoussa sont produits de Xinomavro à 100 %, conformément à la loi, et sont toujours rouge. En général, ce sont des vins robustes et tanniques lorsqu΄ils sont jeunes et aptes à un long vieillissement. Ce sont les vins les plus pleins de corps parmi les appellations Xinomavro offrant une démonstration éblouissante de complexité aromatique, qui s΄étend sur tout le spectre du potentiel aromatique du cépage.

Les vignobles luxuriants et variés de Naoussase trouvent à une altitude de 150 à 450m et reçoivent suffisamment de pluie pour la plupart des millésimes rendant l΄irrigation inutile. Une analyse détaillée des sols a été effectuée, révélant des différences significatives à l΄intérieur de la région et au moins 25 types de sols différents (dont cinq catégories principales ont été établies). Les diverses expressions des vignobles luxuriants et variés de Naoussa émanant de ces sous-régions sont déjà bien connues des cultivateurs de Naoussa, et des discussions sont en cours concernant leur reconnaissance officielle, bien que pour le moment l΄expression plus tannique des vins de la commune de Gastra, la douceur de ceux de Trilofos ou la fraîcheur et le parfum de ceux de Yiannakohori, par exemple, demeure une connaissance profonde des initiés.




Les vignobles luxuriants et variés de Naoussa

L΄appellation d΄origine protégée Naoussa (AOP Naoussa), reflétant les vignobles luxuriants et variés de Naoussa, a été nommée d΄après la ville du même nom, bien que plusieurs autres communes soient comprises dans l΄appellation. Les vins d΄AOP Naoussa sont produits de Xinomavro à 100 %, conformément à la loi, et sont toujours rouge. En général, ce sont des vins robustes et tanniques lorsqu΄ils sont jeunes et aptes à un long vieillissement. Ce sont les vins les plus pleins de corps parmi les appellations Xinomavro offrant une démonstration éblouissante de complexité aromatique, qui s΄étend sur tout le spectre du potentiel aromatique du cépage.

Les vignobles luxuriants et variés de Naoussa se trouvent à une altitude de 150 à 450m et reçoivent suffisamment de pluie pour la plupart des millésimes rendant l΄irrigation inutile. Une analyse détaillée des sols a été effectuée, révélant des différences significatives à l΄intérieur de la région et au moins 25 types de sols différents (dont cinq catégories principales ont été établies). Les diverses expressions des vignobles luxuriants et variés de Naoussa émanant de ces sous-régions sont déjà bien connues des cultivateurs de Naoussa, et des discussions sont en cours concernant leur reconnaissance officielle, bien que pour le moment l΄expression plus tannique des vins de la commune de Gastra, la douceur de ceux de Trilofos ou la fraîcheur et le parfum de ceux de Yiannakohori, par exemple, demeure une connaissance profonde des initiés.


Intervention de Slavoj Žižek sur la Grèce

republié du Blog : http://blogs.mediapart.fr

Le philosophe et psychanalyste slovène Slavoj Žižek est intervenu le 3 juin à Athènes lors d’une conférence organisée par le parti de la gauche radicale Syriza.

Alors que les sondages donnent Syriza au coude à coude avec le parti conservateur Nouvelle démocratie, les élections qui auront lieu le 17 juin en Grèce s’annoncent décisives non seulement pour ce pays mais également pour l’ensemble des Etats membres de la zone euro. 

Que veut l’Europe ?

Slavoj Žižek a entamé son allocution par une interrogation : que veut l’Europe ? C’est la question que les Grecs posent à l’Europe car ceux-ci savent ce qu’ils veulent. En pleine crise, le choix qui s’offre à l’Europe est simple : soit elle poursuit dans la voie du néolibéralisme et des Etats-nations isolationnistes, soit elle choisit une autre voie. Si elle persiste à appliquer les politiques actuelles, ce sera une Europe « aux valeurs asiatiques » qui s’imposera, ce qui n’a bien sûr rien à voir avec l’Asie et un quelconque mépris du philosophe à son égard, mais vise la propension du capitalisme à annuler la démocratie. 

Les tenants de l’ordre établi aussi bien en Grèce qu’en Europe accusent Syriza et la gauche de nombreux maux que Slavoj Žižek tourne en ridicule :

- les dirigeants de Syriza sont inexpérimentés : en effet, ils n’ont aucune expérience en matière de corruption et de clientélisme, contrairement aux partis de gouvernement qui ont conduit la Grèce à la catastrophe actuelle ;

- les militants et les électeurs de Syriza sont de dangereux extrémistes : au contraire, ce sont des pragmatiques qui tentent de mettre de l’ordre dans le chaos actuel créé par les pratique antérieures qui ont débouché sur les politiques d’austérité et ceux qui prétendent pouvoir persister dans la rigueur comme si de rien n’était. Les Grecs qui veulent le changement ne sont pas de doux rêveurs, ils représentent l’éveil dans un mauvais rêve qui risque de virer au cauchemar.

Revenant sur les propos de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, qui appelait les Grecs à s’aider eux-mêmes en payant leurs impôts et déclarait avoir plus de compassion pour les enfants du Niger, Žižek souligne que les Grecs n’entendent pas être des victimes passives. Leur résistance suscite un agacement. Ce n’est pas de charité dont ils ont besoin mais d’une solidarité active. En effet, la Grèce ne pourra pas s’en sortir sans l’Europe, mais ce ne sont sûrement pas les plans de rigueur qui l’aideront. L’objectif de ces plans n’est pas de sauver la Grèce mais les banques européennes. Présentées comme la seule solution possible, les mesures d’austérité se basent sur des simplifications maquillées en théorie économique neutre, utilisant des arguments imparables tels que « on ne peut pas dépenser plus que ce que l’on produit ». Pourtant, c’est bien ce que les Etats-Unis ont fait depuis des décennies…

Le paradoxe du vote libre

Žižek met en exergue une question cruciale posée par le cas Grec : celle de la démocratie et du paradoxe du vote libre. La liberté de choix est érigée comme un principe dans la mesure où les électeurs font le « bon » choix. Le « mauvais » choix est considéré comme une erreur et dans ce cas les peuples sont invités à voter à nouveau pour faire le bon choix, comme cela s’est produit lors du rejet du traité de Lisbonne par les Irlandais.

C’est cette logique qui est à l’œuvre à quelques jours des nouvelles élections en Grèce le 17 juin. Les partis de gouvernement qui ont lamentablement échoué se présentent comme les défenseurs de la démocratie. Mais il s’agit d’une« démocratie d’approbation » ne laissant place qu’à un dialogue démocratique à sens unique, comme aime à le rappeler Žižek, qui fait référence aux dernières œuvres de Platon dans lesquelles le personnage principal monopolise la parole pour n’être interrompu que par les acclamations de son interlocuteur qui loue sa sagesse.

Le courage du changement

Dans ce contexte, le philosophe slovène rend hommage à la volonté de Syriza de quitter le confort de l’opposition et des discours de pure dénonciation, pour assumer ses responsabilités et revendiquer la constitution d’un gouvernement de gauche. C’est d’ailleurs ce point qui rend furieux ses adversaires internes et externes. Žižek cite en exemple un article de la revue américaine Forbes, dont l’auteur exhorte les Européens à laisser les Grecs s’engouffrer dans la voie du communisme afin d’en subir tous les dégâts et de constituer un épouvantail permettant d’en finir une fois pour toutes avec ces illusions. Cette thèse est suffisamment caricaturale pour ne pas être commentée. Mais elle révèle que les réactions de rejet et les pressions exercées sur la Grèce visent à étouffer toute tentative de solution radicale afin que cette perspective soit écartée pour toujours.

Fustigeant la gauche intellectuelle traditionnelle qui aime la révolution tant que celle-ci se déroule le plus loin possible, Žižek apporte son soutien à ceux qui osent s’engager dans une situation désespérée. Rappelant que les Grecs ne doivent pas se laisser aller à un nationalisme qui se focalise sur l’impérialisme allemand et se limite à dénoncer les ingérences étrangères, Žižek encourage les Grecs à s’attaquer en priorité aux problèmes du pays. Faire le travail que les précédents gouvernements n’ont pas fait – ceux-là même qui ont été soutenus par l’Union européenne et qui sont aujourd’hui encore présentés comme le choix de la raison – s’attaquer à la corruption et au clientélisme.

La Grèce et l’Europe ont besoin que le courage et l’espoir l’emportent sur la peur.